Nouvelles professions

     1. IPA Gériatrie-Soins Palliatifs

     2. IPA santé au travail

     3. IPA santé scolaire

     4. Assistant médical

     5. Aide-kiné

     6. Ambulancier nouvelle génération

     7. Pratique avancée en santé visuelle

     8. Manipulateur en electroradiologie en Pratique Avancée

     9. Psychomotricien Master 2

     10. Assistant dentaire niveau 2

     11. Aide en santé mentale

Le problème des nouvelles professions, c’est que les soignants et les structures de soins, de même que les patients ne les connaissent pas. 

 

Il faut donc avoir une certaine indulgence vis-à-vis de la mise en route et de la reconnaissance de ces professions, et vis-à-vis de la réponse des autres soignants face à ces nouvelles professions. 

Pour cette profession intermédiaire qu’est la pratique avancée, nous nous trouvons devant cette problématique de l’acceptabilité et de la reconnaissance par la population. Les aides-soignantes et infirmières auront toujours le réflexe de se tourner vers le médecin, et le médecin, c’est à prévoir, n’orientera pas systématiquement les patients vers l’Infirmière en Pratique Avancée (IPA) pour leur prise en charge alors qu’elles pourraient en avoir la compétence. C’est ce qui s’est passé au Canada : l’intégration de ces nouvelles professions a pris du temps et s’est heurté à des freins non prévus. Il faut savoir tirer les leçons de ce constat.

En ce qui concerne les autres nouvelles professions, surtout celles de niveau bac, c’est en travaillant à une simplification d’accès à la formation, à une harmonisation dans les statuts et, peut-être, à une nouvelle nomination, plus lisible et plus compréhensible, que nous parviendrons à leur développement. Pourquoi appeler accompagnant éducatif et social spécialité accompagnement à la vie à domicile ce que tout le monde connaît comme “aide à domicile” ?

 

Plusieurs moyens sont, à mon humble avis, à notre disposition pour permettre cette « prise » :

  1. S’accorder du temps. On ne change pas des comportements séculaires par un simple décret. Si l'évaluation de l’efficacité de ces nouvelles professions se fait, elle doit être échelonnée, avec des marqueurs dans le temps, et s’établir sur une durée suffisante.
     

  2. Inclure dans les cursus de formation des médicaux et des paramédicaux une connaissance des professions et de leurs champs de compétence, ainsi que les possibilités de travail collaboratif. Au même titre que les ignorants des institutions les dénigrent car ils n’en comprennent pas l’utilité, les médecins pensent que les Infirmières en Pratique Avancée (IPA) leur prennent une partie de leur travail, et les Infirmiers Diplômés d'Etat (IDE) pensent que les IPA se prennent pour des docteurs sans en avoir les compétences. Le savoir étant la meilleure des armes contre le doute, l’opposition et la suspicion, le mieux n’est-il pas d’inclure cette connaissance dans la formation ? Une formation obligatoire de 2h à 4h, lors du premier semestre pour les formations de santé de niveau V (durée de formation inférieure à un an), et en 2ème année pour les autres professions paramédicales et pour les professions médicales, permettrait d’enseigner à chaque futur soignant le domaine de compétence de chaque paramédical et médical, son domaine d’action, ses limites et ses atouts pour chaque circonstance par rapport aux autres professions.
     

  3. S’appuyer sur le modèle réussi IADE-MAR (Infirmière Anesthésiste Diplômée d'Etat - Médecin Anesthésiste-Réanimateur). Seul exemple à ce jour d’IDE (Infirmière diplômée d'état) avec une formation de spécialité de deux ans ; seule spécialité à avoir exclusivité d’exercice (intubation, utilisation de drogues sur protocoles, mais pas que) ; pas d’amalgame entre les rôles du médecin et de l’infirmier (pour le patient parfois, mais on ne peut être parfait), etc.​                                                            

  4. Pourvoir à l’employabilité des ces personnels de pratique avancée en prévoyant notamment des postes dans la fonction publique, des places dans les différents services, et, pour ceux qui se tourneront vers un exercice libéral, des possibilités d’installation prévues et anticipées. Il est, de ce fait, crucial que le nombre de personnels formés soit ambitieux et significatif pour être reconnu auprès de la population.

1. Infirmière en Pratique Avancée (IPA) Gériatrie-Soins Palliatifs

 

Dans l’architecture du système de santé, il est une profession qui manque, permettant de faire le lien entre soignants de proximité, corps médical et personnes âgées. Cette personne, c’est l’Infirmière en Pratique Avancée (IPA) Gériatrie-Soins Palliatifs.

Cette profession, non-médicale, est l’articulation indispensable et manquante qui permet de concevoir la fin de vie comme quelque chose de naturel, pour lequel on a besoin d’assistance et non pas de “solutions” de par son caractère inéluctable. 

La médecine refuse l’idée de laisser la place à la mort. Mais sans cet accompagnement, sans cette acceptation, on ne peut concevoir une fin de vie digne. Il est donc crucial de la préparer au mieux et d’aider nos concitoyens à l’accepter sereinement.

Les soins palliatifs, une fois les protocoles mis en place, ne nécessitent plus de l’intervention des médecins, au contraire, ceux-ci peuvent même perturber le processus. Le rôle des médecins est de défendre la vie à tout prix, la mort est perçue dans l’enseignement et l’éthique médicale comme un échec et les médecins formés aux soins palliatifs sont encore trop rares pour changer cette conception.

 

Déléguer à une profession hautement qualifiée, formée à cet accompagnement, la prise en charge et l’application des soins palliatifs permettra à notre société de mieux vivre la fin de vie. Pas d’obstination déraisonnable, pas de “jusqu’au boutisme” mais des derniers moments apaisés, assumés et accompagnés.

Là encore, les pays scandinaves et d’Europe du nord nous montrent l’exemple avec des maisons de fin de vie où la prise en charge médicale est minimaliste. La priorité est donnée à la psychologie et au bien-être. Les sociétés méditerranéennes et africaines, en gardant dans leur environnement familial les personnes âgées, nous montre là aussi combien le lien affectif et le respect du parcours de vie est primordial pour cette dernière période de vie. La mise à l’écart de la vieillesse est indigne d’une civilisation.

Compétences de l'Infirmière en Pratique Avancée Gériatrie-Soins Palliatifs (IPA GSP) - Gériatrie :

  • Accompagnement à domicile des personnes âgées ;

  • Bilan infirmier et médical de la dépendance ;

  • Rôle de coordination entre tous les intervenants en santé et les travailleurs sociaux ;

  • Possibilité de prescription à définir et à limiter aux médicaments de confort et antalgiques, mais prise en charge holistique des polytraitements. Dans ce cadre, une collaboration importante est nécessaire avec les médecins prescripteurs et les pharmaciens ;

  • Prise en charge en ehpad avec une surveillance des traitements et réadaptation de certains (AVK (Antivitamine K), AT diabétiques, BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive)...) avec des bilans à prescrire de manière inhérente.

Le programme de formation du Master IPA en gérontologie d’Aix-Marseille est un bon modèle à renforcer et sur lequel s'appuyer.

Compétences de l'IPA GSP - Soins palliatifs :

  • Mise en place d’un accompagnement de soins palliatifs après décision médicale : mise en route de l’hydratation, arrêt de l’alimentation et des traitements curatifs, maintien des antalgiques (y compris ceux du palier 1, morphiniques avec une administration similaire à celle que pratique les IADE (Infirmière Anesthésiste Diplômée d'Etat)), des médicaments de confort et des hypnotiques (midazolam) pour sédation prolongée ;

  • Prescription de soins de confort (Kinésithérapeute) ;

  • Prise en charge psychologique et sociale. L’IPA (Infirmière en Pratique Avancée) ne doit cependant pas se substituer aux travailleurs sociaux ni aux psychologues mais doit permettre d’emmener une coordination de l’action de chacun des professionnels tout en ayant par sa formation une conduite adaptée à l’accompagnement de la personne en fin de vie. D’où la part importante de la psychologie et de l’éducation culturelle et religieuse dans la formation de ces IPA ;

  • Établissement des constats de décès dans les zones médicalement sous dotées (uniquement s’il n’existe pas de possibilité de déplacement d’un médecin dans les 3h qui suivent le décès). Ces constats permettront d’initier rapidement le processus de conservation des corps. Un médecin interviendra ultérieurement pour établir le certificat de décès.

Champ de l’exercice des IPA GSP :

De par leur décret de compétence, les lieux d’exercice peuvent être multiples :

  • En libéral, dans le cadre du suivi de parcours de soins des personnes âgées avec aides à domicile ;

  • En unités de soins palliatifs mobiles, dans le cadre de l’accompagnement en fin de vie.

Mais également : en structures associatives, en établissements hospitaliers, en EHPAD et unités de long séjour, en HAD (Hospitalisation à domicile)...

Liens utiles :

2019 - Rapport Libault

2015 - Rapport Claeys/Leonetti

2. Infirmière en Pratique Avancée (IPA) santé au travail

 

Dans le respect des dispositions du Code de la santé publique et sur la base du protocole écrit, élaboré avec le médecin du travail, l’Infirmière en Pratique Avancée en “santé au travail” a vocation à :

  • Réaliser les visites d’information et de prévention, ainsi que veiller à leurs renouvellements dans le cadre du suivi individuel de l’état de santé des salariés ;                                                                                     

  • Réaliser les visites intermédiaires effectuées dans le cadre du suivi individuel renforcé ;                                                                                                                              

  • Participer et conduire des actions en milieu de travail, notamment des actions de prévention et d’éducation en sensibilisant et en informant les salariés en matière de santé et de sécurité au travail ;    

  • Participer et élaborer des actions d’information collectives conçues en collaboration avec le médecin du travail ;                                                                                                                                                                      

  • Concourir au recueil d’observations et d’informations dans le cadre d’enquêtes et d’études, y compris épidémiologiques et de veille sanitaire ;

                                                                                                           

  • Réaliser des fiches d’entreprise et des études de poste ;                                                                                     

  • Participer et élaborer des actions visant au maintien des salariés à leur poste de travail et à l’insertion (ou à la réinsertion) des salariés dans l’emploi.

 

Depuis le 1er juillet 2012, le médecin du travail peut confier certaines activités aux infirmiers, sous sa responsabilité, dans le cadre de protocoles écrits prévus à l’article R. 4623-14 du Code du travail. Ces activités doivent être élargies afin de garantir une meilleure coordination et une meilleure efficacité entre les deux parties. 

Au même titre que le médecin du travail, le rôle de l’IPA (Infirmière en Pratique Avancée) en santé au travail est exclusivement préventif. ll consiste à éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail, notamment en surveillant leurs conditions d'hygiène au travail, les risques de contagion et leur état de santé.

L’IPA en santé au travail, sous la responsabilité du médecin du travail, participe au conseil auprès de l'employeur, des travailleurs, des représentants du personnel et des services sociaux, notamment sur :

  • L'amélioration des conditions de vie et de travail dans l'entreprise ;                                                                  

  • L'adaptation des postes, des techniques et des rythmes de travail à la santé physique et mentale, notamment en vue de préserver le maintien dans l'emploi des salariés ;                                          

  • La protection des travailleurs contre l'ensemble des nuisances, et notamment contre les risques d'accidents du travail ou d'exposition à des agents chimiques dangereux ;                                                     

  • L'hygiène générale de l'établissement et des services de restauration ;                                                            

  • La prévention et l'éducation sanitaire dans le cadre de l'établissement encadrant l'activité professionnelle ;                                                                                                                                                           

  • La construction ou les aménagements nouveaux ;                                                                                                   

  • Les modifications apportées aux équipements ;                                                                                                    

  • La mise en place ou la modification de l'organisation du travail de nuit ;                                                           

  • L'accompagnement en cas de réorganisation importante de l'entreprise.

 

Il participe au conseil auprès de l'employeur, notamment en prenant part à l'évaluation des risques dans le cadre de l'élaboration de la fiche d'entreprise et dans le cadre de son action sur le milieu de travail. Cette évaluation est conduite de manière pluridisciplinaire avec les autres membres de l'équipe. L’IPA (Infirmière en Pratique Avancée) en santé au travail anime et coordonne cette équipe sous la responsabilité du médecin du travail.

Formation :

Concernant la formation, 2 ans d’études universitaires, après obtention d’un diplôme d’état d’infirmier ou d’une licence en soins infirmiers, seraient nécessaires pour obtenir un master II en pratiques avancées en santé au travail. Une possibilité de VAE (Validation des acquis de l'Expérience) peut également être mise en place pour les infirmiers de ce secteur. 

Le contenu pédagogique peut porter sur :

  • La connaissance du fonctionnement interne des entreprises (principes de management et de gestion des conflits, sociologie des organisations) ;                                                                                                             

  • La connaissance des différentes pathologies professionnelles ;                                                                          

  • L'évaluation et la mesure du risque en entreprise ;                                                                                                

  • Le maintien dans l'emploi ;                                                                                                                                          

  • La méthodologie de projet.                                                                                                                                        

Le projet de fin d'études (mémoire) est cadré : il pourrait être la synthèse de quatre projets sous tutorat, ayant chacun un cahier des charges très précis, réalisés lors des périodes de formation en entreprise et dont l'enchaînement correspond à la logique de raisonnement de l'équipe pluridisciplinaire.

Le master doit permettre l'appropriation d'une culture partagée liée à la pluridisciplinarité. De cette manière, la formation est adossée conjointement aux UFR (Université de Formation et de Recherche) de médecine et au département HSE (Hygiène Sécurité Environnement) des IUT.

3. Infirmière en Pratique Avancée (IPA) santé scolaire

 

Pour une meilleure efficience dans la réorganisation de la santé scolaire, l’objectif serait qu’à termes, les IDE (infirmières diplômées d'état) soient toutes remplacées par des IPA (Infirmières en Pratique Avancée) et que ces dernières bénéficient d’un fort recrutement.

Compétences des IPA santé scolaire :

Ses compétences s’ajoutent à celle de l’IDE (infirmières diplômées d'état) scolaire actuelle. Elles doivent permettre de décharger les médecins scolaires d’une partie de leurs missions : celles qui peuvent être déléguées à des IPA (Infirmières en Pratique Avancée), qui auront, par leur 2 ans de spécialisation, obtenu les compétences nécessaires pour effectuer des actes qui jusqu’alors n’étaient pas de la compétence infirmière.

Voici des propositions non exhaustives des compétences supplémentaires des IPA par rapport aux IDE.

Éducation à la santé :

  • Éducation à la sexualité et à la vie affective ;

  • Éducation à l’hygiène de vie, à la diététique, à l’activité physique et à l'utilisation des écrans ;

  • Prévention des risques, des conduites à risques, des addictions ;

  • Accompagnement des projets de promotion de santé ;

  • Formation aux gestes de premier secours (PSC1).

 

Droit de prescription et d’administration :

  • Prescription et renouvellement des contraceptifs oraux ;

 

  • Délivrance, sans ordonnance, d’antalgiques de palier 1 ;

 

  • Délivrance, sans ordonnance, d’antispasmodiques ;

  • Vaccination et contrôle du carnet de vaccination ;

 

  • Premiers soins.

 

Prévention collective :

  • Surveillance de l’environnement scolaire ;

  • Recueil des données de santé ;  

 

  • Intervention lors de la survenue d'événements graves ;

 

  • Signalisation et prise en charge des maladies transmissibles en milieu scolaire : maladies contagieuses, épidémies, pandémies... ;

 

  • Prise en charge de la détresse psychologique/physique et orientation vers des services adaptés et spécialisés.

 

Prévention individuelle :

 

  • Redéfinition de la visite médicale des “6 ans” par davantage de partenariats et de  coordination scolaire.

 

Formation :

 

  • Formation universitaire, 2 ans après le DE (Diplôme d'Etat) d’Infirmier, pour l’obtention d’un Master II ;

 

  • VAE (Validation d'acquis d'expérience) + formation pour les IDE (infirmières diplômées d'état) scolaires (validation de modules, voire passage en 2ème année de Master selon l’expérience );

 

  • VAE (Validation d'acquis d'expérience) + formation pour les puéricultrices diplômées d’état (passage en 2ème année de Master).

4. Assistant(e) médical(e)

 

La Commission paritaire nationale de l’emploi et de la formation professionnelle (CPNEFP) de la branche des personnels des cabinets médicaux a créé un Certificat de Qualification Professionnel (CQP) Assistant(e) Médical(e) afin de répondre aux besoins de médecins et de donner des perspectives d’évolution et de reconnaissance de compétences aux salarié(e)s de la branche. Ce Certificat de Qualification Professionnel (CQP) répond aussi à la mise en place, dans le cadre du plan « ma santé 2022 », des 4 000 postes d’Assistant(e) médical(e) sous convention avec l’assurance maladie.

Bien entendu, notre objectif est d’inscrire cette nouvelle profession dans le cadre du baccalauréat paramédical. Le semestre de socle commun posera les bases communes du métier. 

Pour ce qui concerne, l’enseignement de spécialité, tout est à créer: 

Les stages (3 fois 4 semaines)  devront  se faire en maison médicale ou autres organisations de médecins généralistes ou spécialistes. Il y aura à définir également les attendus et les compétences à acquérir en stage. 

L’enseignement théorique quant à lui courra sur une période de 280 heures (8 semaines) avec des modules de durée à définir en fonction des contenus.

Programme :

Quelques lignes conductrices sur le contenu de cette formation sont données :

  • Secrétariat : 

 

Formation indispensable aux outils numériques (DMP (Data Management Platform)) et informatiques, aux logiciels de santé et à la Télémédecine ;

- Connaissance du carnet de santé et du carnet de vaccinations ;

- Prise de rdv et réception téléphonique éventuellement ;

- Mise à jour de la fiche patient, vérification des informations.

  • Accueil du public :

 

- Aide à la personne pour habillage, déshabillage et autres « gestes simples » quelque soit sa vulnérabilité.

  • Mesures et prélèvements :

 

- Prise de paramètres tels que : tension, pouls, température, poids, taille et autres mesures et prélèvements

  • Réalisation d'examens :

 

- Réalisations d'examens spécifiques tels que : ECG (Electrocardiogramme), dextro, bandelette urine...

L'enseignement devra couvrir tous les âges de la vie avec un focus particulier sur la pédiatrie et les personnes âgées.

5. Aide-kiné

 

Le métier d’aide-kiné n’existe pas en France, il n’y a donc aucune formation ou diplôme existant. Ce sujet, pour le moins délicat, est un des serpents de mer de la profession, il focalise régulièrement l’attention et les débats au sein de la communauté des kinésithérapeutes, sans pour autant que l’on soit certain que chacun parle de la même chose...

La création d’une telle profession modifierait radicalement la façon d’exercer la kinésithérapie, c’est pourquoi cette création ne peut s’envisager qu’après la consultation de l’ensemble des acteurs de la profession. Mais si ce sujet revient si souvent, c’est essentiellement dû à la situation démographique de la profession de Masseur-Kinésithérapeute, principalement en établissements, hôpitaux et centres de rééducation, et où l’exercice d’aide-kiné pour soutenir les MK (Masseur-Kinésithérapeute) existe déjà de fait.

Bien entendu, cette nouvelle profession pourrait s’inscrire dans le baccalauréat paramédical. 

Après avoir suivi le semestre de tronc commun de formation, le semestre de spécialisation serait promulgué en IFKM (Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie). En 2009, le CHU (Centre Hospitalier Universitaire) de Dijon a conduit une expérimentation, dégageant et définissant ainsi les besoins de formation (1). Ces derniers sont largement repris ci-dessous.

Mission principale :

L’aide-kinésithérapeute stimule, assiste et/ou guide les patients confiés afin d’optimiser le gain de leurs performances locomotrices et faciliter ainsi leur réinsertion. La prise en charge des patients par l’aide-kinésithérapeute est faite par délégation du kinésithérapeute ou ergothérapeute en charge du patient, et dans le respect des compétences professionnelles des aides-soignants. 

Activités du poste :

Dans le cadre de la prise en charge rééducative, l’aide-kinésithérapeute contribue, sous la responsabilité du kinésithérapeute ou ergothérapeute, aux activités suivantes :

  • Education des transferts ; 

  • Education de la verticalité ; 

  • Education de la marche (avec ou sans aides techniques) ; 

  • Education pour la prévention des accidents de la vie quotidienne ; 

  • Ré-entraînement à l’effort ; 

  • Observation des capacités locomotrices et cognitives ; 

  • Prise pouls et TA (Tension Artérielle) ; 

  • Traçabilité écrite dans le Dossier du patient (DxC@re) 

  • Transmission orale ; 

  • Saisie de l’activité produite.

Lien hiérarchique :

L’aide kinésithérapeute est sous l’autorité hiérarchique du Cadre de santé rééducateur du secteur et travaille sous l’autorité fonctionnelle des masseurs-kinésithérapeutes et ergothérapeutes du secteur. Il travaille également avec les médecins des services prescripteurs, le cadre de santé infirmier des services et le personnel soignant des services.

Compétences requises ou à développer dans le poste :

1. Savoir-faire : 

  • Savoir travailler au sein d‘une équipe pluriprofessionnelle ; 

  • Savoir collaborer avec les soignants des services ; 

  • Savoir organiser son travail et en rendre compte ; 

  • Discerner le caractère urgent d’une situation pour alerter ;

  • Savoir adapter le niveau d’aide à apporter au patient pour réaliser une tâche éducative; 

  • Savoir établir une relation de confiance avec les patients ; 

  • Savoir évaluer le risque de chute, notamment chez les personnes âgées ; 

  • Acquérir les gestes indispensables à la manutention des malades ; 

  • Évaluer les besoins en appareillage de déplacement des patients ; 

  • Surveiller les paramètres vitaux ; 

  • Observer les écarts et les variations de ces paramètres et rendre compte de ses observations ; 

  • Transmettre des informations précises ; 

  • Etablir une relation d’aide et de soutien avec les patients. 

2 . Connaissances : 

  • Différentes pathologies rencontrées dans les secteurs ; 

 

  • Connaître les différents paramètres vitaux à observer et leur signification ; 

  • Besoins fonctionnels et locomoteurs des personnes soignées ; 

  • Gestes de base de la manutention des patients. 

 

  1. (CHU Dijon N° de référence : Date de mise en application 15 juillet 2008 PROFIL DE POSTE Aide-kinésithérapeute Pôle Rééducation-Réadaptation Secteur Hôpital Bocage N° de page : / Christine GUILHOT MK cadre de santé Nadine FOURNIER Référent qualité Direction des Soins Fabien LAUNAY Cadre supérieur pôle RR

Liens utiles :

2019 - Livre Blanc FFMKR

6. Ambulancier(e) nouvelle génération

 

1.       Pourquoi passer d’une formation de 4 mois et demi à 10 mois ?

 

Pour plusieurs raisons :

  • Parce que la prise en charge des patients par les ambulanciers est de plus en plus lourde. Dans un contexte de vieillissement de la population, on assiste au développement de polypathologies et de maladies chroniques de plus en plus invalidantes.

  • Parce que le système de santé de demain s’oriente vers un développement de l’ambulatoire avec une augmentation du soin à domicile. Si l’on veut permettre à l’avenir ces retours précoces, même avec des soins infirmiers qui peuvent être relativement lourds, (surtout avec l’installation des IPA (Infirmières en Pratique Avancée) qui prendront en charge des patients en oncologie ou en polypathologie, il faudra des services d’ambulance avec des personnels plus formés qu’actuellement.

  • Parce que la prise en charge globale des patients et la continuité dans le parcours de soin ne peut souffrir d’une qualité inférieure au reste des soins.

  • Parce que dans les faits, les services d’ambulance dépassent souvent largement leur domaine de compétences, mettant ainsi en position de stress des professionnels désemparés car insuffisamment formés.

  • La dernière raison, qui n’est pas la moindre, est celle de permettre à cette profession de s’articuler avec les autres professions paramédicales en partageant un tronc commun et en acquérant un niveau de compétence et de qualification semblable.

 

2.       VSL (Véhicule Sanitaire Léger) et transport couché : prise en charge et décret de compétences

Bien sûr, cette formation ne s’avère pas nécessaire pour les VSL (Véhicule Sanitaire Léger) (souvent traduits par des transports prenant en charge la rééducation, les examens, les consultations…)

Sur ce domaine, c’est toute la prise en charge (en particulier financière) qui est à questionner avec l’explosion des dépenses des transports sanitaires, surtout pour les taxis VSL (Véhicule Sanitaire Léger).

Le domaine de compétence des ambulanciers gagnerait à évoluer avec notre système de santé, les rendant acteurs majeurs de ce système et pas seulement des prestataires de transport. Et pour que cette formation consolidée ne soit pas la cause d’une explosion de leur tarification, il y aura nécessité de modifier leur décret de compétences tout en maintenant à l’identique leurs tarifs de base pour VSL (Véhicule Sanitaire Léger).

De plus, l’autorisation préfectorale ne serait plus nécessaire, hormis pour l’installation géographique, supprimant une appréciation par autorité de l'État qui n’est pas compétente pour évaluer les compétences sanitaires.

Par ailleurs, la piste d’une indemnisation pour véhicule particulier (par proche du patient) et prise en charge du parking pourrait peut-être être explorée...

3.       Semestre de spécialité ambulancier :

Le principe serait d’inscrire les ambulanciers dans la proposition de Baccalauréat Paramédic. Les futurs ambulanciers bénéficieraient donc d’un semestre commun de 2 mois de cours théoriques et de 3 mois de stage, leur faisant ainsi bénéficier d’une formation supérieure à celle qu’ils avaient déjà. Ce socle commun leur apportera une formation en physiologie et une connaissance du patient bien meilleure que celle qu’ils ont dans leur formation actuelle.

Quelques pistes pour le semestre de spécialité :

  • Sécurité du transport sanitaire : mécanique automobile, véhicules sanitaires, documents et matériel à bord, transport sanitaire, conduite automobile, cartographie, transmission ;

  • Transmission des informations et gestion des déplacements ;

  • Ergonomie : système locomoteur, dos, manutention, brancardage, aide à la marche, chutes, installation ;

  • Situations et gestes d’urgence : comprendre les détresses, techniques de réanimation, bilan, gestes et transport, traumatologie, accouchement inopiné.

  • Situations, vocabulaire : fin de vie, violence, communication.

  • Passage du permis de conduire, entraînant une modification dans l’accès à la formation qui exige une ancienneté de permis. Cette mesure, parfaitement cadrée mais qui doit être très réfléchie, serait une grande source d’attractivité dans une profession qui a du mal à recruter.

7. Pratique avancée en santé visuelle

 

La création d’un master de pratique avancée ouvert aux deux professions opticien-lunetier et orthoptiste, est souhaitable. 

Le niveau de sortie à bac + 5 ans permettra d’acquérir les compétences nécessaires relatives à la prise en charge de patients atteints de pathologies complexes et/ou évolutives (glaucome, DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l'Age), rétinopathie diabétique, neuro-vision pour les patients neurolésés, troubles des apprentissages, basse vision, etc.). Le master de pratique avancée permettrait également aux étudiants qui le souhaitent de s’engager dans des activités de recherche ou d’enseignement.

Le cursus universitaire devra être ouvert à tout orthoptiste ayant le certificat de capacité ou plus tard diplômés de la licence santé visuelle, et ce, quel que soit son mode d’exercice. Il devra être ouvert aux opticiens lunetiers titulaires de la licence santé visuelle, et des passerelles devront être définies pour les actuels opticiens lunetiers expérimentés et les actuels diplômés d’un master d’optométrie.

Au moins deux stages devraient être prévus et réalisés par les étudiants dans des établissements de santé publics, privés d'intérêt collectif, et privés, ou auprès de professionnels de santé exerçant en cabinet ou auprès d’institutions. Ces stages seraient validés par un jury. 

Un mémoire pourrait être réalisé et soutenu par les étudiants au cours du dernier semestre de formation, mémoire dont la nature pourrait varier en fonction du projet professionnel (analyse de pratiques professionnelles, de pratiques cliniques et/ou de recherche). 

Un appel à manifestations d'intérêt pour le développement de tels masters par les établissements d'enseignement supérieur devra être lancé par le MESRI (Ministère français de lʼEnseignement supérieur, de la Recherche et de lʼInnovation). Le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) sera consulté et les universités dont le projet sera retenu seront accréditées. 

L’ensemble de ces éléments devra être élaboré et précisé par un arrêté ministériel après concertation avec les professionnels et les universités.

Liens utiles :

2020 - Rapport IGAS

8. Manipulateur en électroradiologie en pratique avancée

 

Si la pratique avancée vise un double objectif, améliorer l’accès aux soins et la qualité des parcours des patients, en réduisant la charge de travail des médecins sur des pathologies ciblées, la profession de manipulateur en électroradiologie s’inscrit, par une évolution réfléchie vers les pratiques avancées, complètement dans ces 2 objectifs.

En cohérence avec le champ de compétences de la profession, la pratique avancée pourrait s’inscrire selon les propositions de l’afppe, autour de 4 axes forts :

  • L’échographie ;                                                                                                                                                                  

  • La radiographie des traumatismes des membres ;                                                                                                         

  • Les gestes faiblement invasifs radioguidés ;                                                                                                                        

  • La consultation de suivi des patients lors des traitements de radiothérapie.                                                             

Même si ces propositions ne sont pas exhaustives - les pratiques avancées doivent également ouvrir sur la recherche et l’encadrement - elles illustrent les champs du possible pour une pratique avancée chez les MER (Manipulateur en Electroradiologie).

Axe 1, L’échographie :

Depuis la mise en place des protocoles de coopération, la profession de Manipulateur En Electroradiologie (MER) s’est engagée aux côtés des radiologues pour définir les conditions d’exercice des Manipulateurs en échographie. La création du DIU (Diplôme Inter-Universitaire) d’échographie d’acquisition a permis d’accompagner les professionnels souhaitant s’engager dans cette activité, par l’apport des connaissances et de savoir-faire pratiques nécessaires.

 

La pratique de l’échographie, telle qu’elle est définie dans les protocoles de coopération actuels, repose sur le recueil des images et des informations nécessaires au médecin pour établir le diagnostic et le compte-rendu de l’acte. Dans les faits, nombreux sont les manipulateurs dont l’exercice en échographie consiste à réaliser ces actions. Ceci est lié à la pratique de l’échographie, très dépendante de ce qu’observe l’opérateur lors de l’exploration de la région anatomique concernée, et du temps consacré par ces professionnels à cette activité (minimum 50%), qui les rend experts dans l’exploration des actes qui leurs sont délégués. Il y a, selon les représentants de la profession, matière à une pratique avancée en échographie pour les professionnels qui se voient confier cette étape d’interprétation et d’élaboration du compte–rendu.

 

Il faut, selon nous, reconnaître l’existant et adapter la formation pour permettre ce niveau de pratique dès la fin d’une formation enrichie de niveau Master. En effet, le DIU (Diplôme Inter-universitaire) ne prépare pas à cette pratique complète et c’est aujourd’hui l’expérience acquise qui permet aux MER (Manipulateur en Electroradiologie) d’aller vers le diagnostic.

 

Reconnaître une pratique avancée en échographie pour certains actes permettrait de renforcer l’offre de soins sur un type d’actes non invasifs et non irradiants, indispensables dans le suivi de nombreuses pathologies. On peut par exemple imaginer que le suivi d’un patient greffé rénal puisse être assuré par un MER (Manipulateur en Electroradiologie), formé à l’échographie, en collaboration étroite avec un radiologue référent et des néphrologues.

 

Suite à l’examen d’échographie de référence réalisé par un médecin en post-greffe afin d’évaluer les dimensions des vaisseaux au niveau de l’anastomose et les valeurs de débit sanguin, il serait facilement envisageable de déléguer le suivi régulier du greffon au MER (Manipulateur en Electroradiologie) sur la base de l’examen de référence. Il en va de même pour le dépistage de la luxation congénitale de hanche du nouveau-né, pour laquelle l’évaluation par échographie à 1 mois est l’examen de référence mais n’est pas systématique notamment chez les filles plus à risque. Cette exploration très protocolisable et facile à réaliser pour un professionnel formé pourrait être confiée à des MER (Manipulateurs en Electroradiologie) en pratique avancée comme cela se fait au Pays-Bas.

 

Axe 2, la radiographie des traumatismes des membres : 

En ce qui concerne les autres perspectives de pratiques avancées nous pensons sérieusement à la mise en place en simultanée des IPA (Infirmières en Pratique Avancée) des urgences (traumatisme des membres supérieurs et inférieurs), un MPA (Manipulateur en Pratique Avancée) qui permettra de garantir la pertinence de la demande d’examen de radio (principe de justification qui s’applique pour toute demande d’examen même si elle émane d’un médecin urgentiste) et de définir les actes à réaliser. 

De plus, pour compléter le dispositif sur ce type de prise en charge (traumatismes des membres supérieurs et membres inférieurs) il est envisageable de faire monter en compétence des manipulateurs radio sur la partie interprétation des clichés (il existe une formation spécifique en Angleterre qui est en cours de traduction en France). En effet : 

  • Le manipulateur sait quelles radiographies faire en fonction du contexte clinique du patient ; 

  • Au cours de la réalisation des radios, il interroge systématiquement les patients pour connaître les symptômes (type de traumatisme, impotence, douleur, etc…) Il peut donc corréler la clinique à ce qu’il constate de visu lors de la prise en charge du patient et avoir des points d’appel précis utiles dans l’analyse des images que lui seul peut avoir ;

  • Ces éléments pris en compte, il nous paraît envisageable de former certains professionnels à l’analyse et l’interprétation des radios des membres (comme en Angleterre) d’autant que des systèmes d’aide au diagnostic (IA) sont en cours de certification et permettront de fiabiliser les diagnostics. Il faudra toutefois toujours quelqu’un pour contrôler et valider le système d’aide au diagnostic utilisé. Par exemple : le système ne saura pas toujours interpréter un corps étranger présent sur l’image tandis que le manipulateur le pourra, d’autant plus s’il a fait la radio lui-même. Il y a donc selon nous, matière à mettre en place un dispositif complet permettant de renforcer l’offre de soins sur la petite traumatologie dans des centres de proximité (IPA+MPA (Infirmières en Pratique Avancée+Manipulateurs en Pratique Avancée)), ou de délester le travail des médecins, tout cela bien évidemment en lien direct avec des services d’urgence et d’imagerie des urgences, permettant le recours à un médecin spécialisé en cas de nécessité.

 

Axe 3 : Les gestes faiblement invasifs radioguidés : 

En complément des deux premiers axes il nous paraît nécessaire d’ajouter que le protocole de coopération sur la pose des Picc-line par les manipulateurs fonctionne très bien et qu’il y a, à ce niveau-là également, une pratique avancée à réfléchir (actes interventionnels simples, évitant les organes à risques). Cette perspective de pratique reste cependant à débattre car elle n’amène pas le professionnel sur le champ du diagnostic ou de la prescription. 

 

Axe 4 : Consultation de suivi des patients lors des traitements de radiothérapie : 

Si la pratique avancée vise un double objectif : améliorer l’accès aux soins ainsi que la qualité des parcours des patients en réduisant la charge de travail des médecins sur des pathologies ciblées, le manipulateur à sa place en cancérologie et notamment en radiothérapie pour la consultation hebdomadaire de surveillance pendant le traitement.

 

Ce suivi clinique et technique est, selon nous, une piste intéressante en matière de pratique avancée dans le cadre du suivi des patients en cours de traitement pour permettre de garantir une consultation hebdomadaire systématique (manipulateur où médicale) pour tous les patients. Des expériences locales ont déjà démontré leur intérêt en la matière pour garantir une consultation régulière par un professionnel de radiothérapie afin de diagnostiquer la survenue précoce d'événements indésirables en lien avec le traitement. En effet, la mise en œuvre des soins (confort, hygiène, prescription médicamenteuse, etc…) permet de garantir le bon déroulement du traitement et d’éviter les interruptions des séances néfastes à l’efficacité du traitement de radiothérapie. 

Le récent protocole de coopération autorisant les manipulateurs à réaliser un acte médical, comme le laser pour mucite, démontre le bien fondé de décharger les médecins d’un acte chronophage et ô combien bénéfique pour le patient. La prescription est faite par un médecin mais pourrait être faite par un manipulateur formé spécifiquement. 

Une autre possibilité concerne les soins de peau pendant les traitements. Le DU (Diplôme universitaire) plaies et cicatrisation est d’ailleurs ouvert aux professionnels de santé et donc aux manipulateurs. Dans cette approche associant les connaissances des traitements de radiothérapie par les manipulateurs et de leurs effets indésirables, il est envisageable d’amener certains professionnels à participer au diagnostic des effets précoces du traitement et à la prescription des traitements de base selon des protocoles de suivi définis.

 

Cela permettrait de libérer du temps médical pour l’accompagnement des traitements par hypofractionnement, nécessitant la présence du radiothérapeute au poste de traitement, et de recentrer l’activité médicale sur les consultations d’annonce, de fin de traitement et de suivi à long terme.

9. Psychomotricien Master 2

 

 

La réingénierie des professions de santé a débuté en 2008. Elle vise à réactualiser les contenus de formation et les champs d’intervention de chaque métier concerné, dans le cadre de la réforme LMD (Licence-Master-Doctorat) voulue par l’Europe. Or, depuis quatre ans maintenant, la réingénierie de la profession de psychomotricien est interrompue par ses deux Ministères de tutelle que sont la Santé et l’Enseignement Supérieur.

Les psychomotriciens ont toujours répondu positivement aux sollicitations appuyées des pouvoirs publics et du Ministère de la Santé en particulier. Ils ont pris leurs responsabilités face aux nouveaux besoins de santé des patients, sur des dossiers primordiaux, comme ce fût le cas pour le Plan Alzheimer, le plan Autisme, celui sur les Maladies Neuro-Dégénératives, et bien d’autres. Le passage à 5 ans d’études permettra de reconnaître le niveau élevé d’expertise indispensable pour garantir aux français des soins psychomoteurs de haute qualité. Cette formation intégrera l’élargissement toujours plus important des connaissances requises pour exercer ce métier essentiel dans le dispositif de santé publique national.

Ces deux années supplémentaires, qui permettraient d’accéder à un niveau Master soit par la pratique avancée, soit par la montée en grade de l’intégralité du métier de psychomotricien (le débat est ouvert), trouvent pour leur contenu des bases dans les maquettes de formation déjà existantes à l’étranger et qui conduisent au titre d’expert en psychomotricité à référentiel européen.

Liens utiles :

 

Plaquette ISRP

10. Hygiéniste dentaire (ou Assistant(e) Dentaire Qualifié de niveau 2 : ADQ2)

 

Quelle est la réalité de la profession d’hygiéniste dentaire en Europe? Présente dans une vingtaine de pays européens, cette profession recouvre une pratique très hétérogène d’un État à un autre. Si chaque pays est souverain dans l’organisation de son système de santé publique, chacun d’entre eux partage aussi le cadre commun de la libre circulation des professionnels de santé en Europe. 

Le plus frappant dans le panorama européen de cette profession tient à la variété de la formation : elle court sur deux années dans certains pays (Espagne, Royaume-Uni), trois dans d’autres (Allemagne), voire quatre années (Danemark, Pays-Bas, Portugal). Elle tient également à l’extrême diversité des actes que les pays autorisent : outre les soins liés à l’élimination des dépôts, au polissage des dents, à l’application de fluorures topiques, certains pays autorisent l’hygiéniste dentaire à pratiquer l’administration de l’anesthésie locale (Danemark, Pays-Bas, R-U), le réaménagement d’urgence de couronnes (Irlande), le blanchiment après prescription du chirurgien dentiste (R-U, Slovaquie), la prescription de radiographies (R-U), etc. En Belgique, la profession d’hygiéniste bucco-dentaire n’existe que depuis mars 2018.

En France, la profession d’assistant dentaire est reconnue comme une profession de santé seulement depuis la loi n°2016-41 du 26 janvier 2016 (dite loi Touraine) qui inscrit cette profession dans le code de la santé publique (catégorie des auxiliaires médicaux).

 

Depuis de nombreuses années, on promet que le statut des assistant(e)s dentaires va changer et évoluer vers un statut similaire à ce qui existe déjà au canada, ou dans plusieurs pays européens (voir ci-dessus).

L’ADF (Association Dentaire Française) réfléchit à la mise en place d’un nouveau diplôme dit « Assistant(e) dentaire qualifié de niveau 2 » (ADQ 2), sorte d’hygiéniste dentaire à la française. Les négociations sont en cours au sein de la CPNE-FP (Commission Paritaire Nationale de l'Emploi et de la Formation Professionnelle) mais beaucoup de choses restent à définir dans cette nouvelle formation.

Conditions d’exercice :

Il pourrait n’y avoir qu’une Assistante Dentaire Qualifié de niveau 2 (ADQ 2) par praticien titulaire pour éviter la création de centres de soins dans lesquels un seul praticien travaillerait avec de multiples ADQ 2. Un(e) assistant(e) dentaire ne pourrait devenir ADQ 2 qu’après trois années passées dans un cabinet dentaire et après avoir suivi une formation de deux ans et environ 800 heures au sein d’un organisme de formation agréé (donc hors université). Il est par conséquent nécessaire, dans un souci d’harmonisation des professions de santé, de réfléchir à une voie (mixte ou unique) d’universitarisation de la profession d’ADQ2 (ou hygiéniste dentaire).

Contenu de la formation : 

  • Renforcement de la formation à l’hygiène, à l’éducation thérapeutique et à la nutrition (pour permettre des missions en EHPAD ou en milieu scolaire) ;

  • Sous la responsabilité et le contrôle effectif du chirurgien-dentiste, réalisation des actes non invasifs sur des organes définis comme sains par le praticien dont en voici une liste non exhaustive : détartrage supra-gingival, pose de sealants, prise d’empreintes d’études, application de fluor, éclaircissement, dépose de sutures, mais aussi réalisation de clichés radio et de photos.

Financement  :

 

Le financement demeure une question cruciale : il pourrait être pris en charge par l’ensemble de la profession, par le seul chirurgien-dentiste qui emploiera une Assistante Dentaire Qualifié de niveau 2 (ADQ 2), voire par l’assistante elle-même.

11. Aide en santé mentale

 

Le contexte actuel exige une nouvelle définition des rôles et une nouvelle orientation de l’enseignement et de la formation personnelle pour pouvoir répondre aux aspects sociaux et médicaux des soins. Ainsi, les principales activités cliniques recherchent une visée psychothérapique afin que le sujet puisse se ressaisir de son histoire, se réapproprier comme sujet, retrouver un sentiment d’unité et renouer avec une socialisation. L’aide en santé mentale devra donc élargir ses compétences générales pour pouvoir participer à :

  • Des entretiens de suivi, de relation d’aide thérapeutique ou à visée psychothérapique ;

  • Des activités socio thérapeutiques et psychothérapeutiques, individuelles et groupales, avec ou sans médiations ;

  • L'accompagnement des patients dans le quotidien d’un lieu de vie ou d’une hospitalisation.

Ces activités se déploient à l’hôpital, dans des structures de soins extra hospitalières, au domicile ou lieu de vie des patients, ou encore en psychiatrie de liaison à l’hôpital général, en prison, etc.…

 

Contenu de la formation (exemple inspiré du grieps Lyon) :

Module 1 : Connaissances cliniques et place de l'ASM (Aide en Santé Mentale)

Repérer et gérer les situations de crise

  • L'introduction à la psychopathologie : psychoses, névroses, états limites ;

  • La gestion des situations de crise :

    • la crise d’angoisse ;

    • la crise délirante aiguë ;

    • la crise suicidaire : concepts et signes cliniques ;

    • l’agitation et la violence ;

    • le refus de soins ;

    • la contenance psychique.

  • Les droits du patient : lois de mars 2002, avril 2005, juillet 2011 modifiée ;

  • Les valeurs professionnelles : écoute, respect, confidentialité, éthique.

Développer de nouvelles connaissances

  • Les étapes du développement ;

  • Le soin en psychiatrie, la place et les compétences de l'aide-soignant ;

  • Les droits du patient : information, contraintes et libertés ;

  • Les différentes approches psychothérapeutiques : comportementalisme, psychanalyse, systémique.

 

Approfondir ses connaissances en psychopathologie et consolider les connaissances cliniques 

  • Les troubles anxieux ;

  • Les troubles de l’humeur ;

  • Les troubles de la personnalité ;

  • Les troubles psychotiques ;

  • Les troubles liés à des substances ;

  • Les troubles en gérontopsychiatrie ;

  • Les activités réalisées par les participants : 

    • La lecture approfondie du document pédagogique relatif au Module 1 ;

    • La réalisation de la première étape de certification : en collaboration avec un infirmier, choisir un patient du service et décrire l’histoire de la personne et les éléments de l’anamnèse.

Module 2 : Approche relationnelle dans le soin psychiatrique

Cerner les enjeux de la relation soignant/soigné et valoriser les complémentarités

  • L’interaction dans la relation ;

  • Le transfert et le contre-transfert ;

  • L’accueil ou le temps de la rencontre ;

  • La relation avec les familles ;

  • Les situations particulières de crise en lien avec le module précédent ;

  • L’accompagnement palliatif ;

  • Les attitudes sécurisantes et la médiation.

S'inscrire dans le travail en équipe

  • Le travail en équipe :

    • La notion de collaboration et de délégation ;

    • Les différents types de réunions ;

    • La participation aux transmissions.

Renforcer et transmettre ses connaissances en matière de communication interindividuelle et en groupe

  • La visualisation du module sur l’entretien en psychiatrie et quiz autoformatif :

    • Les bases de la communication ;

    • L’empathie, la congruence ;

    • Les différents types d’entretien : directif, non-directif, familial ;

    • Les styles d’intervention : reformulation…

  • La lecture approfondie du document pédagogique relatif au Module 2 ;

  • La réalisation de la seconde étape de validation : à partir du patient choisi, décrire :

    • L’intérêt de l’équipe pluridisciplinaire, 

    • L'action de soin entreprise avec ce patient.

  • La mise en œuvre d'un tutorat à distance.

Module 3 : Connaissances éducatives et éthiques

Initier un questionnement éthique

  • La morale, la déontologie et l’éthique ;

  • Le lien entre éthique et soins ;

  • La charte du patient hospitalisé ;

  • Le secret professionnel.

Approfondir quelques spécificités du travail de collaboration

  • Les soins de nursing : place du corps dans la relation ;

  • L’accompagnement dans l’autonomie des activités de la vie quotidienne ;

  • Les médiations thérapeutiques :

    • La définition et le cadre ;

    • La médiation et la relation ;

    • La mise en œuvre d’un projet d’atelier thérapeutique.

  • La démarche éducative :

    • La transmission de l’information ou des techniques ;

    • La relation éducative ;

    • L’animation de groupe.

Enfin, 3 stages de un mois pourront être mis en place, un en milieu hospitalier (public ou privé), un autre en extra-hospitalier et le dernier en fonction des affinités d’emploi à la clé dans les différents lieux de fonction :

  • Unité d’hospitalisation à temps complet ;

  • Centre médico-psychologiques (CMP) ;

  • Hôpitaux de jour (HJ) ;

  • Ateliers thérapeutiques (AT) ;

  • Centre d’accueil à temps partiel (CATP) ;

  • Services d’hospitalisation à temps partiel ;

  • Centre d’accueils permanents ;

  • Centre de crise (CC) ;

  • Hôpital de nuit (HN) ;

  • Appartements thérapeutiques (APT) ;

  • Centres de postcure (PC) ;

  • Placement familial thérapeutique (PFT) ;

  • Centres médico–psycho-pédagogiques (CMPP) ;

  • Etablissement sanitaire d’aide par le travail (ESAT) ;

  • Centre thérapeutique à temps partiel (CATTP) ;

  • Service Médico Psychologique Régional  ou secteur de psychiatrie en milieu pénitentiaire (SMPR).

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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