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Infirmières Puéricultrices : pour une prise en soin optimale de l'enfant et de sa famille
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Ludivine Gonzalez
10 janv. 2021
Je soutiens les propositions faites par le collectif. Je travaille en PMI depuis 2010. Dans beaucoup de départements, la consultation de puéricultrice existe déjà sans être nommée comme telle. Elle est appelée permanence. Les revendications du collectif #jesuisinfirmièrepuéricultrice par rapport à la cotation des actes des infirmières puéricultrices: consultation et visites à domicile est une juste reconnaissance des compétences des infirmier.ères puéricult.eur. rices quelque soit leur lieu d'exercice et plus particulièrement ceux et celles qui exercent en PMI. Elles/ils soutiennent quotidiennement les familles dans leur parentalité dans le cadre des visites post-natales, les permanences et les consultations médicales réalisées en collaboration avec le médecin. Elles.ils veillent à la santé des enfants. Grâce à leur suivi, ils.elles sont capables d'alerter les parents et de les orienter vers le médecin de PMI ou le médecin traitant pour poser un diagnostic et prescrire le traitement adapté. Le DE de puéricultrice permet à l'infirmière d'acquérir non seulement des compétences spécifiques pour la prise en charge des enfants prématurés et de l'enfant jusqu'à 18 ans mais aussi des connaissances en santé communautaire, santé publique, éducation pour la santé, sociologie de la famille, théorie de l'attachement...Autant de connaissances qui à mon sens font de nous des acteurs incontournables de la stratégie de prévention et de protection de l'enfant ainsi que du plan pauvreté à laquelle la commission des 1000 jours est rattachée. Je vais vous donner un exemple du travail d'une infirmière puéricultrice qui illustre bien mon propos. Dans le cadre de mon exercice d'infirmière puéricultrice en PMI, j'ai reçu une mère avec son bébé pour un suivi post-natal. Cette mère venait une fois par semaine peser son bébé. Je surveillais sa croissance staturo-pondérale et son développement psychomoteur. Ce bébé avait du mal à grossir. Sa courbe de poids suivait la courbe inférieure ( -2DS). La mère s'inquiétait du petit poids de sa fille et rapportait des difficultés dans la prise du biberon ( lenteur de prise du biberon, bébé qui repousse la tétine avec sa langue). Entendant l'inquiétude de la mère, j'ai proposé des solutions: changer de lait, de tétine...Des petites améliorations ont pu être observées mais pas significatives sur la prise de poids. Vers 2 mois, le développement psychomoteur de ce bébé m'interpella: manque de tonus, position particulière des mains. Je décidai donc de demander l'avis de ma collègue puéricultrice qui confirma mes observations et lui trouva même un faciès particulier. J'invitai la mère à en parler avec le médecin traitant qui suivait l'enfant lors des visites obligatoires. Celui-ci ne voyait rien d'alarmant. Bien que ce bébé ne soit pas suivi médicalement en PMI, je proposai à la mère de rencontrer le médecin pédiatre de PMI pour avoir un deuxième avis. Au bout de plusieurs semaines d'investigations, une maladie génétique rare a été diagnostiqué pour ce bébé. Détectée à l'âge de 4 mois, cette petite fille a pu bénéficier d'une prise en charge en CAMPS précoce. Avec un appui de la PMI, elle a été accueillie en crèche et un travail étroit avec la directrice de la structure a pu être menée pour que l'accueil soit adapté à son handicap. Comme vous le voyez à travers cet exemple, mes compétences de professionnelle de santé m'ont permis d'alerter le médecin au plus tôt et de soulager cette mère dont les inquiétudes ont pu être entendues. J'espère que je vous aurai convaincu. Je vais m'arrêter là mais j'aurai encore plein d'autres expériences à partager sur le travail que nous menons auprès des parents et de leurs enfants. #jesuisinfirmièrepuéricultrice
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Ludivine Gonzalez

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