Posts du forum

v.paoli-gagin
22 févr. 2021
In Espace de discussion
Afin d'apporter une contribution auboise à l'Observatoire de la réforme du système de santé, j'ai souhaité interroger les maires des communes de l'Aube sur une liste de 27 propositions issues du rapport d'enquête parlementaire n° 1185 du 19 juillet 2018 sur l'égal accès aux soins des Français sur l'ensemble du territoire et sur l'efficacité des politiques publiques mises en œuvre pour lutter contre la désertification médicale en milieu rural et urbain. À cet égard, les réponses formulées par les maires de l'Aube laissent clairement apercevoir un consensus en faveur de l'idée visant à substituer au numerus clausus un « numerus apertus régionalisé », c'est-à-dire un nombre minimal de places en études médicales qui serait défini à l'échelle nationale et qui pourrait être augmenté par région, en fonction des besoins et des possibilités territoriales de formation, à la libre appréciation de la subdivision universitaire (proposition n° 23). Vient ensuite l'idée consistant à réformer la première année commune des études de santé (PACES) en s'inspirant de l'un des dispositifs alternatifs en cours d'expérimentation (« Alter-PACES », « PluriPASS ») et en faisant en sorte que la sélection soit moins « mathématisée » et davantage « médicalisée » (proposition n° 22). Les maires des communes de l'Aube sont également favorables à la proposition de permettre aux pharmaciens de vacciner, de renouveler certains traitements, de prescrire des substituts nicotiniques, de prendre certaines mesures utiles au suivi des traitements et de prendre en charge certaines pathologies bénignes (proposition n° 9). Trois préconisations de ce rapport ont obtenu le même nombre de voix : - Étendre aux infirmiers, dans certains cas et sous certaines conditions, le droit de prescription, de vaccination, d'adaptation de certains traitements (proposition n° 10). - Développer massivement les stages en dehors des centres hospitaliers universitaires (proposition n° 24) : o Non seulement au stade du troisième cycle, où ces stages devraient représenter au moins les deux tiers des quelque 36 mois de stages que comporte l'internat de médecine générale (soit 24 mois de stages) et au moins la moitié des quelque 48 à 72 mois de stages que compte l'internat dans les autres spécialités médicales (soit 24 à 36 mois de stages) ; o Mais aussi dès le deuxième, voire le premier cycle des études de médecine; o Non seulement dans des structures publiques autres que les CHU (centres hospitaliers locaux, centres de santé, etc.), mais aussi dans des structures hospitalières privées, à but lucratif ou non, et en dehors du cadre hospitalier, dans des cabinets libéraux où les médecins (généralistes ou spécialistes) exercent individuellement, en groupe ou en réseau : maisons de santé pluri-professionnelles, communautés professionnelles territoriales de santé, etc.). - Généraliser les externats et internats ruraux (proposition n° 26). Enfin, d'autres recommandations ont suscité un intérêt équivalent chez les maires du département de l'Aube, à savoir : - Créer un statut de « médecin volant » qui permettrait à des médecins « thésés » de venir ponctuellement épauler d'autres médecins, en particulier ceux installés en zones sous-denses, en qualité de travailleurs non‑salariés (proposition n° 5). - Revaloriser le tarif de la consultation chez l'ensemble des médecins généralistes établis en zone sous-dense pour le porter de 25 à 35 euros (proposition n° 6). - Recenser toutes les compétences dont disposent les sages-femmes, pharmaciens et auxiliaires médicaux et qui ne peuvent pas être exercées pour des raisons juridiques ou financières, pour leur permettre de participer davantage à la chaîne des soins, et adapter leur formation en conséquence (proposition n° 8). Ces réponses sont susceptibles d'apporter des solution concrètes et opérationnelles à la lutte contre la désertification médicale.
0
0
3
v.paoli-gagin
Plus d'actions